La présentation du livre
« Les Matons » fait couler de l'encre, voyez plutôt :
Leur première séance, c'était le 19 juin 1988, dans la gare de Barcelone.
En près de vingt ans, ensemble ou séparément, Hélène Fabre et Christian "Mickey" Bonifas, alias les Matons (photo Nassira Belmakki), se sont enfermés et mis en scène environ mille cinq cent fois dans des cabines. Souvent costumés, maquillés, munis de divers accessoires (des fruits et légumes, par exemple), parfois transformés en héros ou archétypes de cinéma…
Une jolie façon, poétique et ludique, de subvertir la fonction première des photomatons, celle de débiter mécaniquement des visages pour les pièces d'identité et les papiers administratifs du monde moderne. Le couple d'artistes transformistes nîmois a sélectionné une centaine de ses clichés noir et blanc ou couleur qu'il a réunis dans un recueil auto-édité à mille exemplaires. Quelques amis, Clotilde Augot, Rémy Leboissetier, Frédéric Inigo, Christine Rodès et Bertrand Guéry, leur ont apporté leur concours écrit.
La sortie de l'ouvrage s'accompagne d'une exposition de quelques tirages présentée à la galerie Philippe Pannetier, place de la Calade.
Marc Caillaud
Midi Libre du 31 décembre 2007
Depuis vingt ans, Hélène et Mickey, surnommés les Matons, font des cabines de photomaton un lieu de création. Mille cinq cent clichés plus tard, les deux artistes nîmois sortent leur premier ouvrage.
"C'est toujours l'envie qui nous pousse à y retourner", explique Hélène Fabre. Depuis une première série de photos souvenirs prise à Barcelone en 1988, cette artiste plasticienne nîmoise hante ces minis-studios avec son compagnon Mickey alias Christian Bonifas. "La première fois, en regardant les photos, nous ne nous sommes pas reconnus. Nous étions d'autres personnes. Par curiosité , nous avons continué".
Une formidable joie de vivre se dégage de leurs photos. Fous rires, mises en scène, déguisements, seuls ou en couple… chaque cliché raconte son histoire, porte sa poésie.
"Certaines photos sont préméditées, comme celles où nous avons des accessoires ou des décors. D'autres sont totalement spontanées. Elles sont aussi des moyens de communication entre nous, lorsque nous sommes séparés."
Avec le numérique, les deux artistes ralentissent un temps leurs visites. "Nous avons eu un moment de doute, car le résultat n'était plus aussi aléatoire, comme avec les anciennes cabines, les photos étaient sans surprise, pixellisées…" Avec l'amélioration des techniques, les Matons retrouvent l'enthousiasme de leurs débuts. "C'est toujours aussi drôle, aussi plaisant."
Et comme ils ont toujours quelque chose à se raconter… ils en ont repris pour vingt ans à fréquenter les cabines de photomaton !
Clairisabelle Vauconsant
La Gazette de Nîmes n° 451 du 24 au 30 janvier 2008
Les Matons : recueil de photomatons déjanté, efficace contre la morosité.
Marie Bourgoin
Ma grosse marmite, 1er trimestre 2008,
lettre d'infos trimestrielle de la très chouette Fanzinothèque de Poitiers.